Beaucoup de réactions, qui appellent à de futures discussions fort intéressantes. J'aimerais avoir un jour l'occasion de m'exprimer oralement sur le sujet (il m'arrive ceci dit de profiter de mon estrade à l'université pour glisser quelques éléments de réflexion lors des cours de stratégie économique que je dispense), notamment pour pouvoir entrer dans les détails, mais surtout pour pallier aux risques d’incompréhension inhérents au format rédactionnel. Quelques éléments de réponse choisis sur le vif:
mick77 a écrit:Donc pour te paraphraser,
"Ou comment Disney a réussi le tour de force à financer son développement Européen sur le dos des petits investisseurs (et des contribuables français via les multiples cadeaux étatiques) tout en s'assurant un contrôle absolu de l'infrastructure sur un plan tant économique que juridique" en ne leur laissant rien de leur apport et en continuant à leur faire les poches (et en plus, on leur dit merci à la sortie).
Nous nous sommes (encore une fois) parfaitement compris, j'ai d'ailleurs pris soin de mettre en évidence la partie de ton ajout qui résume le mieux ma pensée
Grand-Mère Donald a écrit: Et c'est encore mon père qui a acheté quelques Eurodisney vers 1994, qu'il m'a données ensuite, le jour où je me suis aperçue qu'il existait un "Club des Actionnaires" qui offrait des réductions , des informations sur la société, une possibilité d'assister aux Assemblées générales....
Je n'ai jamais voulu acheter d'autres actions, et je n'en achèterais pas.
Fourche a écrit: mais donc y'a quoi à faire ? c'est mieux de ne pas en acheter du tout ?
Bien sûr que tu es libre d'acheter des actions (manquerait plus que ça), mais le tout c'est de
ne pas le faire pour de mauvaises raisons. L'actionnariat est un investissement qui doit être productif pour le développement de la société, et éventuellement rémunérateur. Un actionnariat qui se résume au paiement d'une redevance d'accès vers un espace privilégié, on appelle cela un club et ce n'est résolument pas la même chose. Toute la finesse de Disney dans cette histoire, et je déplore de n'avoir l'espace-temps nécessaire pour faire valoir la réelle ampleur du stratagème, est d'avoir verrouillé le système d'entrée de jeu et de continuer à faire miroiter l'impossible à des "investisseurs" (appelons-les ainsi), dans le meilleur des cas bien peu avisés/bien mal informés, ou au pire qui par une attitude irrationnelle (que je qualifierais de
fanboy attitude) continuent sciemment à alimenter le système. Et pendant ce temps-là, au pays de la magie™, les ronds de cuir rigolent et bouffent sur le dos de l'actionnaire-consommateur. Donc oui, Mère-Grand, je ne puis qu'acquiescer:
Grand-Mère Donald a écrit:Par contre, j'admets que c'était vraiment bien joué de la part d'EuroDisney. Et j'admire!
Je suis et je resterais toujours admirative devant ceux qui imaginent les dessins animés et les Parcs comme Disney et tous les imagineers, devant tous ceux qui sont capables d'organiser tous ces montages y compris financiers, de les réaliser et de penser à tous les détails qui vont faire mouche, faire plaisir à la foule et leur rapporter beaucoup d'argent

Je suis admiratif du stratagème, et du système savamment orchestré pour y donner corps, mais d'un point de vue strictement professionnel (ayant un travail par certains égards très proche du leur). D'un point de vue moral, notamment lorsque l'on connaît l'histoire sur laquelle s'est bâtie la société, c'est une autre histoire. D'un autre côté, vous me rétorquerez, l'économie a-t-elle besoin d'être "morale?" Et vous ouvririez-là une boîte de Pandore dont l'étude irait bien au-delà du sujet qui nous intéresse ici.
Fourche a écrit:Suis pas faché hein.
Pas plus que moi hein. Enfin, à bien y réfléchir, je le suis un peu... mais envers la société de gestion qui est bien consciente de ce que Mick et moi venons d'exposer en ces lieux et qui persiste dans cette voie malsaine en maintenant ce titre en bourse quand bien même il n'a d'autre raison d'être que d'alimenter un système pernicieux.
"Tout ce qui est dans la limite du possible doit être et sera accompli".
Jules Verne