OPA de la Walt Disney Company : l’ultime manipulation

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OPA de la Walt Disney Company : l’ultime manipulation

Message non lupar Simplet » 14 Fév 2017, 16:19

Un dicton populaire français indique que lorsque l’on veut se débarrasser de son chien on dit qu’il a la rage.
A la Walt Disney Company, on l’a adapté comme l’on adapte les contes (ou les comptes, cela fonctionne aussi). Nous avons subi 20 ans de discours lénifiants expliquant que la stratégie menée par le gérant (et donc la Walt Disney Company) était la meilleure pour développer la destination, que si les bénéfices n’étaient pas au rendez-vous c’était uniquement à la faute à pas de chance (la crise, le volcan islandais, le climat, les grèves, etc.) et que les résultats ne manqueraient pas de suivre à moyen terme tellement la gestion était excellente…

Hélas, même en repoussant la date de retour aux bénéfices, les déficits se sont succédé année après année.
D’ailleurs la maison mère nous apporte un soutien inconditionnel. Après avoir remis à taux plein ses prélèvements, fait payer des intérêts sur les sommes non versées, elle vient à notre secours pour que cesse l’odieuse ingérence des banques qui nous empêche d’investir notre propre argent dans des investissements qui rapporteront… un jour. Et pour cela, elle n’hésite pas à reprendre les dettes d’EuroDisney. Comme l’a dit à l’époque à la tribune une grande visionnaire « nous nous sommes débarrassés des banques ! ». La générosité de la Walt Disney Company ayant des limites très vite atteinte, elle s’empresse de renégocier avec une marge confortable lesdites dettes. Tout devrait aller pour le mieux dans le meilleur des mondes. Citons une nouvelle fois l’estrade, en la personne du président du gérant : « pour la première fois tous les partenaires regardent dans la même direction ». A l’époque, peu se doutait que c’était vers la porte de sortie que les regards de l’estrade se tournaient, avec comme idée d’y pousser les actionnaires, devenus bien inutiles.

Et puis, soudainement revirement complet de position. En 2014, la direction explique que la situation est désespérée, que le resort connaît des difficultés insurmontables. Alors que le problème résidait dans la dette encore quelques mois avant, les mêmes dirigeants tentent d’expliquer que c’est l’activité qui est trop faible, qu’il faut la relancer par de nouveaux investissements et que notre argent ne suffit pas. Pire l’actif d’Eurodisney SCA (les titres de la filiale EDA) est sur évalué. Curieux, à l’assemblée générale deux ans avant, il ne l’était pas « et était correctement valorisé, en accord avec les commissaires aux comptes » sic.

Apparaît donc une nouvelle recapitalisation. Avec comme objectif d’investir. Enfin dans le discours. Car en fait, l’apport fait sert dans son immense majorité à deux choses : rembourser la WDC qui a soudainement besoin d’argent (on s’aperçoit alors que ce que la WDC sort d’une poche rentre dans l’autre !) et payer les frais de l’opération. C’est ainsi qu’une opération devant apporter 1 milliard d’argent frais ne rapporte finalement qu’un peu moins de 400 millions à la société qui en a besoin…

Dans le même temps, alors que les attentats font chuter le tourisme en région parisienne, la société continue ses dépenses à marche forcée. Le département marketing/communication bat un nouveau record de budget pour une année où il n’y a rien à vendre et où l’on sait que de toute façon les meilleures campagnes du monde ne feront pas venir les gens. Pire, on explose le budget de rémunération des dirigeants, sans doute pour les récompenser d’avoir accéléré la descente aux enfers de la société.

Arrive enfin la cerise le gâteau, une nouvelle recapitalisation. Toujours avec la complicité des mêmes commissaires aux comptes qui n’hésitent pas une seconde à certifier que la société EDA ne vaut plus… rien ! C’est ainsi que le seul actif de la société cotée ayant une valeur nulle, il ne reste rien ou presque à l’actif d’ED SCA. Outre le côté outrancier de la chose, un actionnaire averti ne peut rester qu’interloqué devant les faits suivants :

La société EDA possède :
- des droits immobiliers sur plus de 2 200 hectares ;
- deux parcs d’attractions dont certaines ont été refaites à neuf, selon la direction ;
- le Disneyland hôtel ;
- un golf ;
- le Davy Crockett Ranch, dont le changement de bungalows reste récent ;
- 5 hôtels qui ont tous été refaits à neuf à grands frais (sauf un, le new York), il y a moins de 5 ans, ainsi qu’un centre de convention ;
- Le Disney village qui engrange les nouvelles enseignes (Vapiano, etc.)
- 50% des Villages Nature qui ont couté un investissement certain mais dont on nous promet monts et merveilles dans les 5 ans.
Et tout ceci ne vaudrait pas 1 euro ?

Pour expliquer ce tour de passe-passe digne d’Houdini, la direction invoque les règles comptables françaises. Les mêmes qui auraient justifiées des provisions il y a plusieurs années pourtant délibérément omises…
Ils considèrent que « l’activité future ne dégagera pas suffisamment de cash-flow » pour justifier la valorisation d’EDA.

On pourrait presque y croire si deux éléments objectifs ne venaient contredire les prévisions de ceux qui se sont déjà trompés à de nombreuses reprises (à chaque opération en fait !) sans que l’on ait constaté de renvoi ou de démission de ces professionnels qui n’en ont que le nom et qui sont payés à prix d’or.
Le premier est que les années « anniversaire » l’activité est largement supérieure à celle de l’année précédente. On l’a constaté pour les 10 ans, de façon encore plus nette pour les 15 ans et dans un degré moindre pour les 20 ans. Même si les dépenses augmentent un peu, les recettes augmentent beaucoup plus, ce qui entraine une amélioration mécanique du cash-flow.
Le second, en lien direct, est que l’activité du 1er trimestre est l’une des meilleures de l’histoire de Disneyland Paris ! Malgré le climat morose, la crise, le sentiment d’insécurité les visiteurs reviennent à Disneyland Paris et consomment…

Bref pour l’ultime assemblée, la WDC n’a pas lésiné sur l’enfumage. Et promet une nouvelle augmentation de capital après l’OPA… pour investir bien sûr !

Sinon, une rumeur court au Vatican. Il parait que le pape FRANÇOIS a demandé que juste avant sa mort on fasse venir Jay RASULO et Virginie CALMELS à son chevet. Lorsque le camerlingue lui aurait demandé pourquoi il les voulait eux en particulier, le pape aurait répondu qu’il voulait mourir comme le Christ, entre deux voleurs.
2225
Il y avait Paul et Mickey,
On pouvait discuter mais c'est Mickey qui a gagné,
D'accord, n'en parlons plus.
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