Eurodisney : Résultats annuels - Papy fait de la résistance

Article de Simplet Voir les commentaires Vendredi 16 novembre 2012 à 18:45

Je pensais que l’annonce des résultats serait l’occasion à la société d’annoncer le départ de son président après 4 années de bons et très loyaux services. Mais ma boule de cristal était floue car si un départ a bel et bien été annoncé, ce n’est pas celui de Philippe Gas président d’EDA et d’ED mais celui du président des conseils de surveillance, Monsieur Jeancourt-Galignani.

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Antoine Jeancourt-Galignani en 2010



Cette annonce surprenante en soi l’est encore plus quand on se penche sur les raisons de ce départ précipité. Car même si la société s’est empressée d’éteindre l’incendie en indiquant que la volonté de l’intéressé était de partir depuis de nombreuses années, la lettre expliquant les désaccords entre le comité des comptes d’un côté et la gérance et la Walt Disney Company de l’autre est assez éloquente. En reprenant la totalité des arguments défendus depuis plusieurs années par quelques membres du forum Disney Gazette , il semble avoir rejoint la théorie du complot chère au Président Gas ! Tout y passe : les dépenses effectuées dans l’intérêt de la marque Disney et non de la société Eurodisneyland, la volonté délibérée de faire du chiffre d’affaires au détriment du résultat, la majoration indue des taux d’intérêt lors de la reprise des dettes, pour finir par la conclusion que cette politique mènerait à l’asphyxie de la société française et à la reprise en main de celle-ci par la maison mère par capitalisation desdites dettes que la pauvre filiale va bientôt être incapable de rembourser…Il ne manque rien !

Paradoxalement il n’y aura finalement pas grand monde pour regretter le futur ancien président du conseil de surveillance. Son absence de réactions pendant 20 ans l’ont catalogué comme un collaborateur zélé et le président Gas a du manger son chapeau comme Flairsou lorsqu’il a lu la lettre expliquant son départ… Lui qui l’avait tant soutenu contre les méchants petits actionnaires partisans du complot !

Mais revenons à ce qui aurait dû être la vraie actualité de cette période : les résultats annuels. Ils sont malheureusement bien moins passionnants que la chronique mondaine. Les chiffres sont quasi identiques à ceux de l’an dernier : hausse du chiffre d’affaires, hausse de la dépense moyenne, hausse de la fréquentation…mais hausse du déficit. Bref, rien de nouveau. Les explications sont les mêmes, la crise, les comportements frileux, les Français qui ne consomment pas assez. Mais, comme chaque année, cela va changer… l’année prochaine ! Et oui chaque année nous permet d’approcher de plus près les bénéfices car dixit le président « la politique menée depuis 2009 est la bonne et commence à porter ses fruits » (des pommes?).

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Philippe Gas, Président d'Eurodisney SCA



Je ne vais pas vous répéter les chiffres que vous trouverez sur le site corporate. Je vais simplement m’attarder sur ceux qui me paraissent les plus significatifs.
L’activité touristique qui est notre cœur de métier a réussi l’exploit de perdre de l’argent l’an dernier. Alors que le résultat de cette activité se réduisait comme peau de chagrin depuis quelques exercices, tout en restant positif, celui-ci a passé la ligne rouge cette année. Autant dire qu’ouvrir le parc sur cet exercice nous a couté plus d’argent qu’il ne nous en a rapporté ! On se demande comment dans ces conditions, sans changer de politique, l’activité pourrait rapporter.

A force d’empiler les pertes, ce qui devait arriver est arrivé : le groupe a vu ses capitaux propres devenir négatif. Comme le disait le non regretté Greg RICHART au sujet des capitaux propres d’EDA : « c’est au niveau du groupe qu’il faut raisonner pour avoir une idée précise des capitaux propres et non société par société ». Effectivement, maintenant nous pouvons constater qu’ils sont négatifs dans le groupe, beau progrès !

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Le 20ème Anniversaire à permis d'atteindre le chiffre record de 16 Millions de Visiteurs sur l'exercice 2012



Reste l’événement de l’exercice qui explique (presque) tout selon la direction : le rachat de la dette par la Walt Disney Company. En effet, le coût du rachat passé en totalité sur cet exercice (32M€) explique une partie de la perte. Mais même sans cela nous serions restés au même niveau de pertes que l’an dernier, malgré la nouvelle hausse des tarifs, malgré la surveillance des charges, et malgré tous les efforts de présentation de la direction…

Le tableau n’est pas tout noir, quelques points sont positifs pour l’avenir. Le rachat de la dette nous retire quelques charges coûteuses et inutiles, outre une baisse du taux d’intérêt moyen. Nous en verrons les effets bénéfiques dès l’an prochain : fin du paiement des honoraires des commissaires aux comptes des sociétés de financement, fin du paiement de la dime sur chaque entrée à ces mêmes sociétés et organigramme des filiales plus clair.

Enfin, les taux d'occupation des hôtels restant élevés, les projets de développement devraient enfin voir le jour. Un hôtel pour petit budget devrait sortir de terre sur l'exercice 2016-2017, avant, si la situation financière le permet, la mise en chantier d'un hôtel de standing type Disneyland Hotel pour l'exercice 2020-2021. L'extension du Disneyland Hôtel reste une option mais semble non prioritaire à l'heure actuelle.

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"Ratatouille" ne sera livré qu'en 2014, que pourront donc découvrir les visiteurs en 2013?



Malheureusement, les quelques bonnes nouvelles risquent de ne pas être suffisantes. Malgré les commentaires toujours optimistes de la direction au cours de la conférence auprès des analystes, l’avenir est tout sauf rose. Le président prédit que comme l’année qui a suivi le 15ème anniversaire, l’année qui suivra le 20ème anniversaire va voir l’activité du groupe décoller… omettant un détail de quelques dizaines de mètres : la Tour de la Terreur qui a ouvert ses portes en décembre 2007, permettant aux Studios d’enfin devenir un peu attrayant. Là, qu’aurons-nous pour attirer les visiteurs en 2013 ? Pas Ratatouille dont l'ouverture ne pourra se faire qu'en 2014.
Disney Dreams!, le spectacle unique au monde qui justifiait à lui seul une visite en urgence car il n’était là que pour les 20 ans ? Quelques remises à niveau comme l’apparition de Jack Sparrow dans l’attraction Pirates des Caraïbes ou l’hypothétique passage à la version 2 d’un Star Tours vieillissant ? Rien de très excitant de prime abord même si en cette période de vaches maigres tout est bon à prendre.
Et comme la société se refuse à communiquer sur ses perspectives d’avenir, je ne peux guère être optimiste. Surtout si dans le même temps la crise immobilière continue à sévir. La société serait doublement impactée : par son activité immobilière propre (développements autour du site) mais aussi et surtout à travers les Village Nature dont le succès paraît de plus en plus hypothétique avec la remise en cause de plusieurs avantages fiscaux.

Pas beaucoup de ciel bleu dans l’horizon du groupe Eurodisney donc et il va sans doute falloir attendre encore longtemps pour voir un exercice dégageant un résultat positif. Les chiffres du 1er trimestre nous donneront l’occasion de voir si la situation s’améliore ou si l’on suit la même route depuis 2009 avec, à chaque arrêt, une nouvelle perte.


Pour avoir l'analyse complète des résultats et débattre sur le sujet, rendez-vous sur le forum!


Article: Simplet
Images: Charly, VDR, Disneyland Paris

 

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Steam

lundi 19 novembre à 19:39

Simplet, je reprends une partie de tes remarques sur laquelle je m'interroge. Si j'ai bien compris, sauf à ce que les filiales remontent des résultats exceptionnels, la société dispose de 2 exercices pour que les capitaux propres atteignent au moins 50% du capital social (39M€ divisé par 2) ? Dans le même temps, avec des capitaux propres insuffisants, où sont affectées les pertes pour cet exercice ? :roll: Merci de ton aide.


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Simplet

mardi 20 novembre à 09:51

Steam, Tu confonds les capitaux propres de chaque société avec les capitaux propres consolidés. La société mère ED SCA n'a pas, sauf erreur, ses capitaux propres en deça des 50% du capital social. En revanche, c'est clairement le cas de filiales d'EDA. D'ailleurs, le capital des Villages nature a déja été renfloué par le passé par exemple ;-) Ensuite, pour ce qui est de l'affectation des pertes, elle continue à se faire via le report à nouveau négatif qui augmente. Cela aggrave simplement les déficits antérieurs mais il s'agit d'une écriture comptable. Cela ne change pas fondamentalement les choses.


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