Disneyland Paris, 25 ans de Rêves et de Cauchemars... 1/11
Alors que la société gérante du site de Disneyland Paris semble retomber dans ses travers financiers, et que notre resort fête cette année sa « majorité », puisqu'il a 18 ans en ce 12 Avril 2010, Disney Gazette a décidé de revenir sur une histoire de plus de 25 ans: l'aventure "Euro Disneyland".
Avant de commencer, nous tenions à remercier l'ensemble de la communauté des DisneyFans, sans qui une grande partie des photos et vidéos de ce dossier n'aurait pu être trouvées. Nous tenions aussi à remercier grandement Sébastien Roffat, auteur du livre « Disney et la France » (édition l'Harmattan) sur lequel s'appuie la majorité des informations que nous allons vous exposer.
En espérant être le plus informatif et objectif possible, nous vous souhaitons une bonne lecture, et vous donnons rendez-vous toute cette semaine pour suivre cette aventure fantastique.
I. Quand on parlait de l'implantation d'un Disneyland en Europe (1984-1987):
On considère souvent l'année 1987 comme étant celle actant l'avènement d'un Disneyland sur le Vieux Continent; avec la signature du plus important Partenariat Public-Privé de l'époque, conclu entre l'État Français (représenté à l'époque par Jacques Chirac), et le géant américain des loisirs, la Walt Disney Company, ou TWDC (représenté à l'époque par Michael Eisner).
Cependant, l'histoire commença bien avant. Officiellement, la première fois qu'on a parlé d'un Disneyland en Europe, ce fut en 1984, lorsque les patrons de la division « attraction » de la Walt Disney Company, James Cora et Richard Nunis, présentent leur projet à Eisner et Wells. Le complexe nippon de la firme venait d'ouvrir il y a juste un an, et les résultats étaient plus qu'encourageant.
Les deux dirigeants de TWDC sont directement emballés par ce projet Européen, d'autant qu'ils viennent juste de prendre la tête de la société, en prise à de nombreux problèmes depuis quelques années. Un tel coup serait ainsi le moyen d'assoir leur notoriété, tout en redorant l'image de la compagnie.
Mais reste à savoir où s'implanter? Sur ce point, une véritable « guerre fratricide » va s'engager entre la France et l'Espagne. Dans cette histoire, la France se sent plus légitime. En effet, c'est elle qui avait proposé à la Walt Disney Company de venir s'implanter sur son territoire, et ce, bien avant que le projet ne soit rendu public. Mais de l'autre côté, l'Espagne voyait la venue de Disney sur son territoire comme un moyen de l'ouvrir plus rapidement sur la Communauté Économique Européenne (qu'elle rejoindra en 1986) et de lui permettre ainsi de rattraper son retard économique. De plus, l'Espagne possède un climat bien plus favorable à l'implantation de ce type de complexe que la France.

Carte d'Espagne et de France, localisant les différents sites étudiés (petit point rouge) pour l'implantation d'Euro Disneyland.
Pendant plus d'un an, les deux pays vont ainsi avancer leur arguments et présenter plusieurs sites possibles d'implantation, notamment autour d'Alicante et Barcelone pour l'Espagne et autour de Paris et Toulon pour la France. Côté français, c'est une véritable cacophonie, alors que chez les espagnols, le projet semble bien ficelé. Jusqu'au dernier moment, ces derniers sont quasiment sûrs de l'emporter. Mais c'était oublier l'obstination des Français. Dans un sursaut de lucidité, les politiques font fi de leurs couleurs et s'unissent dans un front commun et acceptent de répondre à tous les désirs de « l'Oncle Picsou ».
Mais alors que quelques jours avant, il était encore en négociation avec l'Espagne, Michael Eisner arrive finalement à Paris, et signe avec Laurent Fabius, le 18 Décembre 1985, le protocole d'accord pour la construction d'Euro Disney en France.
Retrouvez chez nos amis de l'INA, le journal télévisé de cette journée, avec en ouverture, la signature de ce fameux protocole:
A ce moment, on pensait que l'affaire était bouclée, mais c'était sans compter sur les élections législatives de 1986, qui conduisirent à un changement de majorité. Le RPR de Jacques Chirac arriva donc aux affaires. Il faudra donc attendre encore un an, afin de voir enfin la signature de la Convention pour la Création et l'Exploitation d'Euro Disneyland en France.
Rendez-vous demain, pour la seconde partie: Une Convention très... contraignante
Article: Jake Sully
Carte: Jake Sully, avec Google Map
Photo: INA



![[maj] Mickey et Minnie sur les Champs Elysées!](http://www.disneygazette.fr/news/125x110/30768.jpg)



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mick77
jeudi 29 avril à 13:00Il ne faut pas oublier, en sus de ce qui a déjà été dit, les arguments administratifs et juridiques qui expliquent, pour partie, ce choix. Rappelons déjà qu'au début des années 1980, la politique des villes nouvelles connait un net ralentissement, et que l'objectif d'Epamarne est d'achever la partie de la ville nouvelle qui a été créée. Et notamment l'achèvement de la ville de Noisy-le-grand, dans laquelle, il demeure alors plusieurs friches. Plusieurs études de faisabilité sont alors lancées, dont une portant sur la possibilité d'un parc d'attraction (d'autant que c'est alors à la mode). L'étude arrive à la conclusion que ce n'est pas pertinent à Noisy-le-grand, mais trouverait toute sa place dans la partie non encore aménagée de Marne la Vallée, à savoir du Val de Bussy jusqu'aux Portes de la Brie. Et s'ensuit l'étude sur ce nouveau secteur. Quand quelques années plus tard, le gouvernement lance son appel à projet pour l'implantation d'un parc d'attraction, dans le cadre des négociations avec la TWDC, Epamarne dispose alors d'une étude qui lui donnera toujours un coup d'avance sur ses concurrents. De plus, la politique des villes nouvelles comporte un volet immobilier qui permet de faciliter l'acquisition des terrains (la procédure d'expropriation ayant déjà été faite), tout en maîtrisant la spéculation foncière. Ainsi, la construction du parc a gagné en temps et en argent sur ce point, par rapport à tout projet situé hors ville nouvelle. Enfin, il faut rappeler la centralisation française, qui permet à l'Etat de limiter les pouvoirs des collectivités locales, s'il l'estime nécessaire. Or, en Espagne, il existe des régions indépendantes fortes, à qui l'Etat ne peut rien imposer dans leur domaine de compétences. Alors qu'en France, si la TWDC a discuté avec de multiples interlocuteurs, au moment de décider, il n'y avait plus que le représentant de l'Etat. Ce qui fait qu'il n'y a jamais eu de réelle concurrence au projet français, mais comme il en fallait un pour négocier les meilleures conditions possibles, la TWDC a poursuivi son dialogue avec les espagnols (l'Allemagne et l'Italie étaient alors des choix peu crédibles).
Snake75015
lundi 03 mai à 11:59Merci mick77 pour ce spplément d'information !