Après le triomphe de la recapitalisation, je m’attendais presque à une arrivée de l’empereur Wolber, de son fidèle Darth Steadious et de Jar Jar Calmels sur la musique de la marche impériale de Star Wars… Mais, non, ce fut beaucoup plus sobre. Prémices d’une séance bien terne.

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L’assemblée annuelle présentait pourtant une curiosité historique qui aurait pu se fêter. En effet, c’était la première fois que la Walt Disney Company était majoritaire. Dans les textes. Car en réalité, elle a toujours dirigé le groupe EuroDisney selon son bon vouloir et avec les résultats que l’on connaît.

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Force est de constater que le changement a été sensible. Une assemblée menée au pas de course, une séance de questions réponses… sans réponses aux questions un peu gênantes de la résistance comme celle de CIMA qui a laissée V. CALMELS sans voix, celle de Jake Sully. Quant à la mienne sur les sommes que nous pouvions espérer récupérer en 2016 d’une nouvelle convention, fait historique, favorable à EDA, M. STEAD a botté en touche comme jamais me renvoyant au document de référence (où la réponse ne se trouve pas, forcément !) puis à ses équipes qui ne me répondront pas, comme toujours. Cette volonté délibérée de ne pas répondre à une question sur l’ordre du jour est unique pour une société cotée. Mais vu le comportement de l’estrade, la mascarade ne devrait plus durer longtemps…

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Pour le reste, V. CALMELS a réussi l’exploit de parler de succès de la recapitalisation tout en reconnaissant qu’elle s’était faite au détriment des petits actionnaires mais que le rôle du conseil de surveillance n’était pas de les défendre mais de défendre la pérennité de la société qui était en péril avant l’opération. Curieux, l’an dernier lorsque nous parlions de société en cessation de paiement, elle disait que ce n’était pas vrai. Et surtout qu’elle défendait tous les actionnaires ! Qui a parlé de devoir de vérité ? Un sosie, un homonyme, ou peut-être les deux… Sacré Jar Jar Calmels. On la préfèrerait presque quand elle nous parle de ses soucis immobiliers !
En réalité, un observateur attentif aurait parlé d’un flop retentissant. Le milliard était garanti par la Walt Disney Company mais les autres actionnaires pouvaient en fournir jusqu’à 60%. A l’arrivée, seul le prince Al Waleed a conservé sa participation et a remis au pot. Les autres actionnaires dans leur immense majorité se sont laissés dilués (comme tout le CS ou les dirigeants qui auraient dû multiplier leur participation par 20… et ne l’ont pas fait). Résultat, la WDC a pris 36% du capital, certes à bas prix. Mais l’opération a surtout démontré l’absence de confiance des actionnaires dans la gestion des dirigeants.

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Mark Stead a présenté les chiffres clés (3 en tout et pour tout : la fréquentation, la dépense par visiteur et le chiffre d’affaires) qui sont bons. On était prié de ne pas rire. Rien sur le résultat, sur les charges qui explosent, etc. Inutile que je revienne dessus, j’ai déjà indiqué que les miens d’indicateurs étaient franchement mauvais. Et ils sont plus que 3. Le directeur financier a déjà été plus en forme. Il a paru usé de chercher chaque année des données favorables pour ses comparaisons. Il faut dire que c’est de plus en plus difficile…

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Je reconnais à Tom Wolber son application à lire son prompteur en français. C’était un peu mécanique mais il y a mis du sien et a dû passer beaucoup de temps à répéter. Mais du coup, cela donnait une impression de discours sans âme et en rien galvanisante. D’ailleurs les applaudissements ont été les plus faibles que j’ai entendus dans une assemblée, hormis celle de l’an dernier qui était particulière. D’un autre côté, il n’a pas caché qu’il est venu à Disneyland Paris un peu contraint et forcé. Il a bien volontiers reconnu que son domicile est resté aux Etats Unis et que la location dont il dispose à Paris, pris en charge par la société, n’était que provisoire. Reprise en main américaine avant l’étape ultime, l’éviction des récalcitrants. Son optimisme de façade tranchait avec la froideur du discours. Et les images diffusées à l’écran n’ont pas réussi à réchauffer une ambiance aussi délirante qu’un enterrement.

Mais la direction a réussi un exploit notable : se mettre à dos presque tous les actionnaires (il y a toujours des irréductibles optimistes qui croient que cela ira mieux demain) :
Les actionnaires qui lisent les comptes et qui s’aperçoivent qu’on les mène en bateau et qu’en plus on ne fait même plus semblant de les écouter.
Les actionnaires fans qui attendaient des annonces ronflantes et qui ont obtenu moins d’informations que ce que l’on trouve sur tous les sites et blogs. Pire, le spectacle annuel a été sacrifié, oh sacrilège !
Les actionnaires « rats » venus pour le cadeau et qui sont repartis avec un pauvre stylo…

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Bref, une assemblée qui ne restera pas dans les annales par son contenu. Allez, ils feront mieux pour le 25ème anniversaire. Promis…. D’ici là que la Force soit avec vous !
Si vous souhaitez un compte rendu plus factuel et objectif, celui de l’Appaed me parait le meilleur.
Sinon, vous pouvez toujours venir discuter de cette assemblée générale sur notre forum.

Article: Simplet
Relecture: Charly, Jake Sully
Photos: Jake Sully, CIMA, France 2, Disneyland Paris
Vidéo: Disneyland Paris