Après l’adaptation au cinéma des super-héros parmi les plus célèbres des comics Marvel, comme Spider-Man, les Avengers, les X-Men ou encore les 4 Fantastiques, c’est au tour d’un nouveau groupe de héros d’avoir le droit à son adaptation cinématographique. Mais si les précédents étaient connus du grand public, ce n’est pas le cas des Gardiens de la Galaxie, dont les personnages principaux n’ont pas la même popularité. C’est donc un pari risqué que prennent ici les Studios Marvel, mais jusqu’ici chaque film qu’ils nous proposent est un nouveau petit bijou… Est-ce le cas ici aussi ? La promotion du film s’est faite autour de bandes-annonces promettant un space-opéra décalé avec des personnages complètement déjantés sur fond de musique des années 70, de quoi rendre curieux et impatienter les fans. Ont-ils tenu leur promesse? Le film sort aujourd’hui au cinéma, l’heure de la réponse a sonné!

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Peter Quill est un aventurier traqué par tous les chasseurs de primes pour avoir volé un mystérieux globe convoité par le puissant Ronan, dont les agissements menacent l’univers tout entier. Lorsqu’il découvre le véritable pouvoir de ce globe et la menace qui pèse sur la galaxie, il conclut une alliance fragile avec quatre aliens disparates : Rocket, un raton laveur fin tireur, Groot, un humanoïde semblable à un arbre, l’énigmatique et mortelle Gamora, et Drax le Destructeur, qui ne rêve que de vengeance. En les ralliant à sa cause, il les convainc de livrer un ultime combat aussi désespéré soit-il pour sauver ce qui peut encore l’être…

 

Les Gardiens de la Galaxie sont à l’origine plusieurs cycles de comics. La première équipe voit le jour à la toute fin des années 1960, sous la plume et les crayons de Arnold Drake et Gene Colan. Il s’agit à alors d’une équipe venant du futur, composée des derniers membres encore vivants de leurs espèces respectives. Mais les Gardiens de la Galaxie qui nous intéressent, ceux du film, sont adaptés de la seconde équipe, créée 40 ans plus tard, en 2008 par Dan Abnett et Andy Lanning lors de la saga Annihilation, cross-over de l’univers cosmique Marvel. Pour réussir à introduire au cinéma des personnages déjà existants depuis des années chez Marvel, et étant apparu préalablement dans d’autres franchises de la Maison des Idées, la tâche de l’écriture du scénario n’était pas simple. Si la version finale de l’histoire qui nous est présentée à l’écran est l’œuvre du réalisateur du film Jame Gunn, la version originale du scénario est de Nicole Periman, jeune scénariste issue du programme d’écriture Marvel.

 

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La force d’un bon film est souvent dans ses personnages principaux, piliers du film. Ici on retrouve cinq drôles de lurons, qu’à priori tout oppose. On a Peter Quill, un terrien, qui se veut être un aventurier intergalactique mais qui passe surtout pour un scélérat. Il se fait appeler par son surnom "Star-Lord", enfin essaye de se faire appeler ainsi, car personne ne s’en souvient. Il a tout de l’anti-héro un peu looser sur les bords. Il ne quitte jamais ses écouteurs et son vieux walkman où passent en boucle des chansons des années 70. Il est irrévérencieux, un brin provocateur, et je-m’en-foutiste, mais au fond de ce maraud, sommeille un vrai héro courageux. Il est merveilleusement interprété par Chris Pratt (Zero Dark Thirty, et prochainement Jurassic World), qui rend cet impertinent très attachant.

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Il est accompagné de la délicieuse et dangereuse Gamora, "la femme la plus dangereuse de l’univers". Adoptée par Thanos, (LE grand méchant de l’univers Marvel) il l’a élevée pour en faire une arme, si elle est alliée pendant un temps à sa cause et celle de Ronan l’Accusateur, elle fini par les trahir, prise de remords quand elle prend conscience de leur dangerosité et de leur menace pour l’Univers. C’est ainsi qu’elle finit par s’allier à Peter et les autres. Au final on sent bien que c’est plus par honneur et pour se racheter de son passé d’assassin qu’elle agit ainsi. C’est Zoe Saldana qui prête ses traits à la belle extraterrestre ( Pirates des Caraïbes, Avatar, Star Trek).

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Viennent ensuite Rocket et Groot, le drôle de duo inséparable. Rocket est un adorable raton laveur mais il ne faut pas s’y laisser prendre, il est un redoutable mercenaire et chasseur de prime. C’est un cyber-raton laveur génétiquement modifié, et à ses heures un génie de la mécanique (il aime bidouiller et fabriquer des armes). Il prend constamment des airs de dur à cuire, surtout à l’encontre de son camarade Groot et passe son temps à râler. Sous ses airs bougon, on sent qu’au fond c’est un dur au cœur tendre. Il pourrait bien être la star du film, tant ses interventions sont à chaque fois les plus drôles, avec ses remarques toutes plus caustiques les unes les autres. Cet aspect est renforcé par Groot, avec qui il forme une duo comique.

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Groot, un humanoïde végétal, qui ne fait pas office de plante verte. Véritable collaborateur de Rocket dans leur activité de chasseur de prime, avec qui il forme un duo complémentaire et complice. Très résistant et puissant, il peut changer partiellement de forme, se régénérer, mais demeure une vraie force tranquille, et d’une grande fidélité envers le groupe à partir du moment où il l’intègre, quelque part c’est lui qui fait le lien entre eux tous. Il est également un des aspects comiques du film avec ses interventions, puisqu’il ne sait prononcer que 3 mots: Je, s’appelle, Groot. Encore et toujours dans cet ordre précis. Rocket et Groot sont intégralement numériques, et ce sont Bradley Cooper et Vin Diesel qui leur prêtent leurs voix en VO. Vous retrouverez aussi Vin Diesel au doublage de Groot dans la version française du film. En effet, avec si peu de texte l’acteur s’est permis de doubler le personnage pour plusieurs pays dont France.

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Nous arrivons au cinquième et dernier des Gardiens, Drax le Destructeur, un colosse qui n’aspire qu’à une seule chose: venger sa femme et sa fille, assassinées par Ronan. Et il est prêt à tout pour y arriver, même si pour cela il doit s’allier à cette bande de dégénérés. Mais cette collaboration pourrait bien lui apporter des amis en plus d’une vengeance…
Pour le porter à l’écran, qui mieux que l’ancien catcheur David Bautista (Riddick) pour lui donner vie?

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Parti pour être une équipe de bras cassés, c’est au final certainement l’un des meilleurs groupes de super-héros que l’on a pu avoir jusqu’ici. Ici point de batailles d’égos et de testostérones comme il peut y en avoir parmi les Avengers. Vu comme des parias, tout les oppose de prime abord. Finalement les événements qu’ils traversent tout au long du film finiront par libérer les héros qui sommeillent en eux: les Gardiens de la Galaxie.

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Mais pour faire de vrais héros, il faut de bons méchants. Et dans le film il y en a quelques uns. Thanos premièrement, mais qui reste au final encore ici au second plan, attendant sûrement son heure, dans une prochaine production Marvel pour faire sa véritable entrée.

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Le vrai méchant du film est son allié, Ronan l’Accusateur. Il a passé un marché avec Thanos, afin qu’il l’aide à détruire définitivement la planète Xandar avec qui il est en guerre depuis bien longtemps. Il est incarné par Lee Pace ( La trilogie du Hobbit ).

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Il est secondé par Nébula, seconde fille adoptive de Thanos, et donc sœur de Gamora. Seulement, là où Gamora a des remords et une conscience, Nébula est froide et n’a aucune pitié. Pire, elle nourrit une jalousie envers sa sœur que Thanos présente comme sa fille préférée. Nébula cybernétiquement modifiée est jouée par la talentueuse Karren Gillian (Doctor Who).

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Même si ils sont pour le coup nombreux, il faut cependant avouer que les vilains du film semblent bien fades face au groupe de héros complètement loufoques que nous offre les Gardiens.

A ce casting s’ajoutent d’autres acteurs et pas des moindres. On retrouve Djimon Hounsou dans le rôle de Korath un impitoyable chasseur de primes à la solde de Ronan l’Accusateur.

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A la tête de la Cohorte de Nova, force militaire Xandarienne qui a pour but de maintenir la paix dans la planète, on retrouve Glenn Close dans le rôle de Nova Prime, et John C. Reilly (Les Mondes de Ralph) dans celui du centurion Rhomann Dey.

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Enfin Benicio del Toro reprend son rôle de Taneleer Tivan, alias le Collectionneur, pour quelques scènes. On aurait pu espérer cependant qu’il soit un peu plus présent.

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Vous aurez pu le remarquer Les Gardiens de la Galaxie est riche de par son casting, mais pas seulement. Il nous offre également de très beaux effets spéciaux et une très belle photographie. Visuellement ce film est presque parfait. Offrant une esthétique digne d’un Star Wars avec un habile mélange entre des designs propres et lisses et d’autres aillant un réel vécu, fourmillant de détails et parfois un peu crasseux même.

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L’un des autres points forts de ce film renvoie aussi à Star Wars avec les scènes d’actions, et notamment les batailles spatiales. Dignes de la saga de Georges Lucas, elles sont absolument bien orchestrées et bien menées.
On explore un peu plus les confins de l’Univers et ce n’est pas pour nous déplaire. Marvel nous offre ici certainement l’un des meilleurs space-opéra qu’on ait eu depuis Star Wars. On y retrouve après tout les mêmes codes: des aventures spatiales entre différentes espèces extraterrestres, à visages humains pour la plupart, le tout à grand renfort de batailles intergalactiques.

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Produit par Kevin Feidge comme tout film Marvel, c’est au scénariste et réalisateur James Gunn qu’a été confiée cette première adaptation cinématographique des Gardiens de la Galaxie. Il avait déjà travaillé sur les scénarios de Scooby-doo 1 et 2, avant de s’essayer à la réalisation en 2006 avec Horribilis puis Super en 2010. Les Gardiens de la Galaxie est donc sa première super-production, et on peut dire que le pari, si il était osé au départ est complètement gagné ! La réalisation et le scénario sont soignés le tout renforcé par un brillant jeu d’acteurs, et un humour très présent, qui en fait le Marvel le plus hilarant!

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Si les Gardiens de la Galaxie ne serait rien sans ses interprètes, il en serait de même du film sans sa musique. Et à ce niveau, la partition peut se décomposer en deux styles bien différents.
D’un côté nous avons une bande originale classique, composée par Tyler Bates (300, Watchmen, Sucker Punch). Contrairement aux dernières musiques des films Marvel Studios, la musique est ici beaucoup plus subtile, beaucoup plus douce et plus calme… le calme de l’espace en somme. Nous pourrons tout de même retenir un thème principal des Gardiens beaucoup plus imposant, et quelques envolées dans le pur style musical des autres productions Marvel.

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À l’opposé de la bande originale, le film s’appuie sur des musiques, ou plutôt des chansons beaucoup plus rythmées et punchies, issues de « Awesome Mix vol.1 », la fameuse cassette audio que Star-Lord écoute en boucle depuis plus de 20 ans. Ici, nous avons droit à un medley pop-rock et disco du meilleur de la musique des années 1970, avec des morceaux tels que « I Want You Back" des Jackson 5, « The Piña Colada Song » de Rupert Holmes, ou bien encore « Hooked on a Feeling » des Blue Swede. De quoi ravir nos oreilles… et celles des Gardiens de la Galaxie.
Fait assez rare pour une production de ce calibre, les thèmes principaux composés spécialement pour le film et quelques unes des chansons utilisées dans le montage final étaient diffusés sur le plateau pendant le tournage des scènes, permettant aux acteurs de saisir l’atmosphère et les émotions du moment qu’ils étaient en train de jouer !

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Au final Marvel Studios remporte haut la main son pari osé, et vient très certainement de lancer une nouvelle licence à succès ! Si jusqu’à présent les Gardiens de la Galaxie n’étaient pas très connus du grand public, c’est maintenant chose faite ! Riche en aventure, en personnages attachants et colorés, en batailles intergalactiques, le tout avec une histoire rudement bien menée et un humour omni-présent, Les Gardiens de la Galaxie est à coup sûr l’une des meilleures productions Marvel à ce jour. On regrettera peut-être juste de ne pas en avoir su plus sur les origines de Peter Quill. Réponse dans le prochain opus ? Espérons-le ! Car on a hâte de retrouver cette bande déjantée ! Et n’oubliez pas, on ne vous le dis jamais assez, mais restez jusqu’au bout du générique !

Les autres avis de la Gazette :

Avis de Introcephale :

Voici comment on pourrait résumer le film: "quatre personnages sont jetés en prison pour avoir voulu s’entretuer, ils vont s’allier jusqu’à la mort pour sauver la galaxie". C’est là que ça cloche: ils ne se connaissaient pas, sont jetés dans une prison dangereuse et vont soudainement se protéger les uns les autres!? C’est dommage car le reste fonctionne. Du côté des personnages, on comprend très vite quelles sont les particularités de chacun, ce qui nous évite de longues introductions. Les dialogues sont pleins d’humour. Les décors, les costumes, l’image et son étalonnage, la musique, tout fonctionne et sépare parfaitement les ambiances des différentes planètes. Par exemple, dans la compagnie minière ont pourrait presque s’attendre à voir Corben Dallas car cette ambiance correspond à ce que l’on pouvait voir dans "le cinquième élément". Et c’est encore une fois un plaisir de voir un film sous-titré par Philipe Videcoq.
Une fois oublié le point de départ étrange, on rigolera volontiers devant ce film et ces personnages.

Avis de Jake Sully :

Pari gagnant pour Marvel, qui après avoir précautionneusement introduit son univers cosmique avec les deux premiers Thor et The Avengers, réussi l’exploit de proposer un film dont 99 % de l’action se passe en dehors de la Terre, avec des personnages majoritairement non-humain et inconnus du grand public, tout en répondant largement à l’énigme posée jusque-là par les précédents films du Marvel Cinematic Universe : « Que sont ces artefacts cosmiques (le Tesseract, l’Ether, et maintenant l’Orbe) ? »
On peut toutefois regretter qu’en dehors du personnage de Star-Lord, les autres membres de l’équipe n’ont pas bénéficié d’une présentation plus importante, particulièrement Gamora et Drax, dont le passé commun qu’ils partagent avec Thanos aurait permis au spectateur néophyte de mieux comprendre et appréhender les motivations de ces deux personnages »

Avis de VDR

Aller découvrir un nouveau film, se laisser emporter jusqu’au générique de fin et ressortir ravi, c’est un peu ce qui m’est arrivé avec Les Gardiens de la Galaxie. Dès le début le ton est donné, l’univers peut être en jeu, il n’est pas pour autant question de se prendre trop au sérieux. S’en suit un film sans temps mort avec des personnages au caractère bien trempé. L’humour est bien présent… parfois là où on ne l’attend pas et fait mouche.
Ce premier film avec les gardiens est une belle introduction et même si il fonctionne dans son ensemble on a hâte de voir la suite pour mieux cerner l’univers et les personnages.
Visuellement le film est très riche, chaque plan, chaque décor, chaque costume recèle de nombreux détails renforçant la cohérence du tout. Enfin, la musique est l’un des points forts du film. Malgré un thème principal moins percutant que pour d’autres productions Marvel, la bande son des années 70, en complet décalage avec ce qu’on se fait du son d’un space opéra est une vraie réussite, apportant paradoxalement une certaine fraicheur.
Pour résumer tout ça, je laisse la conclusion à quelqu’un qui fait ça mieux que personne : "Je s’appelle Groot", et tout est dit !

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marvel-studios-f117/les-gardiens-de-la-galaxie-t10012-50.html

Article : Prilla, Jake Sully, VDR, Introcephale
Images et vidéo : Marvel Studios – The Walt Disney Company