Star Wars Battlefront II : Notre Test !

Sorti le 17 novembre 2017, Star Wars Battlefront II a fait couler beaucoup d’encre à la fois pour l’immersion spectaculaire qu’il propose mais aussi pour de sombres histoires de "loot box". Nous avons passé quelques heures sur le titre pour faire le tour de tous les modes proposés et nous vous proposons aujourd’hui notre verdict sur cette seconde copie de Battlefront sous l’ère Electronic Arts.

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Star Wars Battlefront II ? Oui, mais pas vraiment. Battlefront est une saga comprenant à ce jour six titres sortis sur les treize dernières années. Star Wars Battlefront premier du nom est sorti en 2004 sur Playstation 2, XBox et PC à une époque où le jeu en ligne sur console n’était qu’une option encore assez confidentielle. Un an plus tard, sa suite, Star Wars Battlefront II, proposa de poursuivre le combat mais avec un contenu qui reste encore aujourd’hui le plus complet de la saga. Dans les deux cas, les bases du jeu étaient déjà posées, nous pouvions vivre et jouer toutes les batailles Star Wars exactement comme nous le souhaitions, quand nous le voulions, et où nous le voulions. Enfin où nous le voulions, surtout avec l’arrivée des épisodes mobiles de la saga : Renegade Squadron (PSP) et Elite Squadron (DS, PSP) qui sans être aussi aboutis que leurs grand frères sur consoles, permettaient de rejoindre la bataille… partout !

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En 2015, après 10 ans d’absence, un projet de troisième opus avorté, et le rachat de Lucasfilm par Disney, Battlefront revient sur le devant de la scène avec le reboot Star Wars Battlefront. Développé par le studio DICE pour Electronic Arts, le jeu propose une immersion jamais vue pour les fans de la saga, mais devra s’expérimenter avec les nombreux DLC sortis par la suite pour avoir un contenu convenable mais toujours dépourvu de véritable mode solo. Nous voilà maintenant en 2017 avec un opus souhaitant corriger tous les défauts de son ainé. Pari tenu ? Découvrons le ensemble !

Commençons par le grand absent de l’opus précédent, à savoir le mode solo. L’histoire qui nous est proposée ici se passe entre Le Retour du Jedi et Le Réveil de la Force et nous permet d’incarner Iden Versio, Stormtrooper à la tête des troupes d’élite de l’Empire : l’Escouade Inferno. Nous vivons ainsi l’explosion de l’Étoile de la Mort et la disparition de l’Empereur avec un angle inédit, avant d’aborder une partie de l’histoire inconnue jusqu’ici qui nous dévoile quelques éléments sur ce qui a suivi les événements du sixième épisode, de la survie de l’Empire à la bataille de Jakku, en passant par les occupations de Luke Skywalker. Ne vous attendez pas cependant à des révélations fracassantes, car si le pitch de départ semble bien alléchant et réserve son lot de situations qui raviront les fans, il faut bien l’admettre, pour l’instant l’aventure s’achève en soulevant plus de questions que de réponses.
Notons que ce mode histoire ne se base pas uniquement sur les cartes du contenu en ligne, mais propose aussi quelques environnements inédits.

 

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Le mode Arcade de Star Wars Battlefront est un mode « hors-ligne » qu’on peut considérer comme un didacticiel amélioré. Composé de 16 scénarios de bataille en solo (8 pour le côté obscur et autant pour le côté lumineux), il vous permettra de découvrir l’ensemble des cartes et des héros jouables du jeu. De plus, chaque mission est composée de 3 niveaux de difficulté avec soit des avantages (vie double, temps de rechargement des capacités diminués, etc) soit des désavantages (pas de capacité, pas de mini-radar) qui vous permettront de maîtriser au mieux vos personnages. En dehors de cela, le mode arcade est peu intéressant; il n’est clairement pas l’intérêt de ce jeu et laissera la plupart des joueurs de marbre.
De plus, un mode Arcade Personnalisée vous permet de totalement customiser votre partie avec des choix portants sur le lieu, la santé de l’intelligence artificielle, les tailles d’équipes etc. Les modes Coop et Versus sont basés sur le même principe si ce n’est que vous pouvez jouer en écran partagé, ce qui réduit la fluidité du jeu et pourra déstabiliser de premier abord.


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Après cet entrainement de luxe que propose le mode solo, il est temps de se lancer dans ce qui reste le cœur du jeu, à savoir l’aspect multijoueur en ligne que nous allons vous détailler sans plus attendre.

Le mode Assaut Galactique tout d’abord reprend ce qui a fait le succès du précédent opus, à savoir des batailles gigantesques à 40 joueurs sur des cartes terrestres ouvertes. Mais là où le changement est le bienvenu, c’est au niveau des objectifs. Si jusqu’ici le mode principal "Attaque des Marcheurs" transposait la bataille de Hoth sur plusieurs terrains avec toujours les marcheurs à abattre ou protéger selon le camp, ici les objectifs sont adaptés à leur environnement, leur époque et sont surtout évolutifs. Ces missions sont souvent composées de trois parties bien distinctes.
Si nous prenons l’exemple de la bataille de Naboo le début de partie se passe dans la ville de Theed où l’on doit empêcher un transport séparatiste d’atteindre le palais. Si c’est un succès la partie s’arrête ici, mais si le transport atteint son objectif, une seconde mission débute, à savoir empêcher les forces séparatistes d’atteindre la salle du trône. Si c’est un succès la partie peut s’arrêter de nouveau ici, mais si les défenses ne sont pas à la hauteur, un ultime match se déroule dans la salle du trône que l’armée droïde tente alors de capturer, pour remporter la partie.
Ce principe est adapté aux 11 planètes présentes dans le jeu et même si dans le fond le type d’objectif se résume souvent à une attaque/défense, cette variété permet d’éviter toute lassitude.

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Nous arrivons à la très bonne surprise du mode en ligne de ce Battlefront II avec les Combats Spatiaux. Ici tout a été repensé de zéro, que ce soit les objectifs, la construction des cartes ou le pilotage, tout est maintenant fait pour qu’en plus d’être jolies, les parties soient réellement épiques à jouer. Fini les parties de tir au pigeon du précédent opus, ici 24 joueurs s’affrontent sur des cartes construites autour d’un immense croiseur ou d’une station que l’on doit détruire ou protéger selon le camp. Comme pour le mode Assaut Galactique, la partie se joue en plusieurs étapes avec des objectifs évolutifs au fil de la progression… et oui, lors de l’attaque du croiseur de la fédération du commerce, vous finirez bien par entrer dans la sphère de contrôle pour faire sauter le noyau !
Au niveau du pilotage, même si les commandes peuvent paraitre étranges de premier abord, le système choisi permet vraiment d’être efficace à la fois lors de l’attaque des objectifs, mais aussi lors de poursuites en combats aériens le long des croiseurs, notamment grâce au nouveau système de visée qui ne nécessite pas de verrouiller pour tirer.

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Au delà de ces deux modes en ligne principaux, Battlefront II propose trois autres types de parties au nombre de joueurs plus réduit et sur des cartes plus petites. Dans Affrontement Héroïque, deux équipes de 4 joueurs incarnent les héros issus des trois époques et doivent abattre le héros désigné de l’équipe adverse.
Le mode Frappe lui reprend le fonctionnement de Assaut Galactique mais à une échelle plus petite. Dans des combats à 16 joueurs, nous devons à la manière du classique "capture du drapeau" récupérer des données et les ramener à un point donné ou faire sauter un ou plusieurs objectifs. Ces parties se jouent en deux manches.
Enfin, si vous voulez juste vous défouler, le mode Escarmouche fait son retour et permet de se concentrer sur la destructions des troupes ennemies. La première équipe atteignant les 100 frags est victorieuse.

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Maintenant que nous avons fait le tour des modes de jeux, intéressons nous aux nouveautés en terme de gameplay. Dans l’opus précédent, toutes les armes spéciales, vaisseaux et autres héros s’obtenaient en trouvant des badges disséminés sur la carte. Ce système a complètement disparu de Battlefront II, et un système de récompenses est venu le remplacer. Lorsque vous tuez un ennemi ou surtout lorsque vous jouez l’objectif, vous gagnez des points de combat. Ces points peuvent être échangés en cours de partie contre une unité d’élite, un vaisseau ou même un héros pour les meilleurs. Libre à vous donc de les dépenser au fur et à mesure pour de petits bonus, ou de tenter de les économiser pour pouvoir ré-apparaitre, sabre laser à la main un peu plus tard pour renverser la situation.

Autre nouveauté, toutes les unités sont entièrement customisables grâce au retour des cartes des étoiles, mais dans un système bien plus poussé. Ces cartes des étoiles améliorent les capacités des différentes classes jusqu’aux héros et s’obtiennent par le très décrié système de loot box. Contre de 2200 à 4000 crédits gagnés en jeu, vous pouvez acheter une "boîte" contenant plusieurs cartes des étoiles mystères, permettant d’augmenter le niveau et les capacités de vos unités. Les crédits de jeu peuvent également servir à débloquer certains héros comme Dark Vador ou Luke Skywalker.

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Tout a été dit sur ce système qui a fait beaucoup de bruit, au point qu’Electronic Arts a décidé de tout simplement couper l’option permettant d’acheter ces boites avec de l’argent bien réel. Au final, au moment où nous écrivons ces lignes, la progression se fait très naturellement avec ces cartes et les héros sont assez faciles à débloquer. Après 4 ou 5 sessions de jeu, il est tout a fait possible d’avoir obtenu des héros légendaires (Dark Vador, Luke Skywalker) et des cartes vraiment intéressantes pour notre soldat, le tout sans débourser les moindre centime en plus du jeu. De plus ces capacités ne rendent pas les autres joueurs invincibles, et la notion de "pay to win" n’est donc pas vraiment adaptée. Si polémique il y a eu, elle n’a en tout cas plus raison d’être donc.

Techniquement, comme son grand frère il y a deux ans, Battlefront II est beau, très beau même. Les environnements sont plus détaillés et vivants et surtout plus variés que dans le précédent opus avec une douzaine de lieux visités. Le tout est comme toujours souligné par une bande son explosive, grouillant d’effets pour nous immerger au cœur de la bataille. Enfin tout ceci est habillement souligné par l’utilisation de la musique de John Williams en plus de compositions exclusives. Globalement donc, chaque octet de ce jeu respire Star Wars et c’est une réussite !

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Comme tout grand jeu "moderne" qui se respecte, Battlefront II proposera également des DLC dans les prochains mois, histoire d’améliorer encore son contenu déjà bien plus riche que son prédécesseur. Electronic Arts a annoncé jusqu’ici que ces DLC devraient être gratuits et concerner aussi bien le mode en ligne que le mode solo, ce qui devrait peut être nous permettre de rehausser notre avis sur l’histoire d’Iden Versio dans quelques semaines.
Ces DLC arriveront au cours de saisons événementielles organisées pour le moment autour de l’actualité Star Wars. Comme pour célébrer la sortie de Star Wars : Les Derniers Jedi cette semaine avec l’arrivée du premier pack contenant deux nouvelles cartes dont Crait, mais aussi deux nouveaux héros avec Finn et le Capitaine Phasma et enfin le fameux contenu solo qui complètera le mode histoire. Nous ne manquerons pas de mettre à jour ce test régulièrement avec ces contenus, mais voici déjà la bande annonce ce ce premier DLC :

Battlefront II propose donc, au moins sur le papier, de corriger tous les défauts de son ainé et de contenter les fans de la première heure. Le résultat est presque à la hauteur avec un mode solo plus conséquent et un mode histoire bien fait mais qui manque trop de profondeur pour devenir culte. Le mode en ligne propose d’entrée de jeu bien plus d’environnements et des modes de jeu variés et tous réussis. La personnalisation des soldats mérite peut être quelques réglages pour convaincre tout le monde, mais offre vraiment une variété d’améliorations large pour que tous les joueurs trouvent le réglage qui leur convient. En jeu le plaisir est dans tous les cas au rendez-vous, et on ne devrait pas lâcher la manette avant un long moment, surtout si le contenu à venir est à la hauteur de l’attente.

Article : VDR, Capitaine
Relecture : Jake Sully
Images : Electronic Arts, VDR, Capitaine
Vidéos : Electronic Arts, Capitaine