critique

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En février 2013, peu de temps après le rachat par The Walt Disney Company, Lucasfilm annonce qu’ils vont produire des films « spin-off » en parallèle de la saga principale ! Ces films permettront ainsi de développer un événement ou un personnage de l’histoire principale ! Au D23 en 2015, ces films dérivés sont sous-titrés A Star Wars Story. Le premier d’entre eux, Rogue One, sort fin 2016 et raconte comment des rebelles se sont alliés pour dérober les plans de l’Etoile Noire.

En 2018, Solo : a Star Wars Story s’intéresse au passé du plus célèbre vaurien de la galaxie Han Solo. S’attaquer à ce personnage emblématique avait pourtant des airs de challenge impossible pour Lucasfilm tant le personnage créé par Harrison Ford est intemporel !

Si on ajoute à cela une production très chaotique dont les rebondissements ont fait couler beaucoup d’encre, avec (notamment) le remplacement du duo de réalisateurs Phil Lord & Christopher Miller à moins d’un an de la sortie par le plus consensuel Ron Howard, et une promotion commencée à peine quelques mois avant la sortie pour ne pas faire de l’ombre aux (Les) Derniers Jedi… le film fait « peur » et cristallise avant même sa sortie méfiance et angoisse de la part des fans.

En outre, Lucasfilm et Disney ont fait le choix (étrange) de montrer le film en avant-première au Festival de Cannes où les retours ont été globalement très mitigés. A quelques jours de la sortie en salles, les avis et critiques se multiplient sur le net et dans la presse, avec des points de vues et des ressentis allant d’un extrême à l’autre… voilà qui a de quoi déboussoler le spectateur encore hésitant et ne va certainement pas aider à remonter la côte d’amour du film.

Alors au final, Solo : a Star Wars Story est-il le naufrage annoncé ? Verdict… (spoiler : NON, c’est même une très bonne surprise)

Beau, charismatique et franc-tireur… Han Solo est sans conteste l’un des plus emblématiques et aimés de la saga Star Wars aux côtés de Dark Vador, Leia ou encore Yoda. C’est également l’un des plus mystérieux ! Qui n’a jamais voulu connaitre l’histoire de ce scélérat qui débarque à la Cantina ? Qui ne s’est jamais demandé comment s’était passée sa rencontre avec Chewbacca ? D’où venaient ses rapports avec la gente féminine ? Ou encore s’il avait bien remporté le raid de Kessel en 12 parsecs ?

C’est ainsi que Alden Ehrenreich a la lourde et angoissante tâche de succéder – ou plutôt de précéder – à Harrison Ford, éternel Han Solo pour les spectateurs de plusieurs générations. Plus qu’un sosie (jeune) qui reprenne le jeu original (et aurait trop souffert de la comparaison), l’équipe du film a cherché un acteur capable de faire ressortir les traits du personnage, mais surtout qui puisse montrer la construction de sa personnalité et de son caractère. La ressemblance physique ne saute clairement pas aux yeux mais l’acteur de 28 ans a suffisamment travaillé son personnage pour que des mimiques ou des gestes nous rappellent son « ainé ». Moins vaurien que Harrison Ford, il dégage une naïveté et une légèreté de jeunesse combinée à un fort refus de l’ordre établi… les prémices du personnage sont bien là.

L’énigmatique et charismatique Lando Calrissian est lui aussi de retour. Vieil ami de Solo, il est le précédent propriétaire du Faucon Millenium, qu’il a perdu au profit de son ami lors d’une partie de sabacc. Drôle et avec le sens du spectacle, le rôle semblait taillé sur mesure pour Donald Glover qui l’interprète à la perfection. Si le personnage de Alden Ehrenreich s’écarte de l’interprétation de Harrison Ford, ici le jeu rappelle au contraire fortement celui de Billy Dee Williams dans les épisodes V et VI.

L’autre bonne surprise du casting s’appelle L3-37, une droïde humanoïde, déjantée et féministe, interprétée par l’actrice Phoebe Waller-Bridge. Elle forme avec Lando, dont elle est la copilote, un duo aussi étonnant qu’inattendu.

Au côté de ce quatuor, les autres personnages sont en revanche un peu plus en retrait.

Criminel de carrière, voleur et contrebandier, Beckett devient le mentor de Han. Il le prend sous son aile et l’intègre à son équipe. Le personnage est interprété par Woody Harrelson qui apporte au personnage un certain charme.

Qi’ra, le premier amour de Han, est interprétée par l’une des actrices anglaises les plus populaires du moment, Emilia Clarke, connue pour son rôle dans Game of Thrones. Leur relation très forte permet de comprendre et d’appréhender les relations de Han avec les femmes, jusqu’où il est prêt à aller et ce qu’il ressent. Même si son personnage est plutôt discret (voir transparent) au début du film, il s’étoffe progressivement, et finit d’ailleurs par partir dans une direction totalement inattendue.

L’acteur britannique Paul Bettany interprète le rôle de Dryden Vos. Ce mercenaire imprévisible, anarchique et délicieusement sadique a profité de la chute de la République et du chaos qui a suivi pour monter son affaire… mais à quel prix. Il est à la tête de l’Aube écarlate, une nouvelle alliance mystérieuse prête à tout pour conquérir les ressources de l’univers et les revendre au plus offrant. Le personnage est l’un des plus intéressants du film car il incarne cette partie de la société, coincée entre les prémices de l’Empire et de la Rébellion, prête à retourner sa veste pour son profit personnel ou simplement pour survivre. Il manque en revanche de réelle profondeur, dommage !

Solo : a Star Wars Story introduit la rencontre entre Han Solo et Chewbacca, alors que ceux-ci s’allient pour s’enfuir après s’être retrouvés enfermés ensemble. On assiste à la naissance de ce qui deviendra l’un des duos les plus emblématiques du cinéma, et le film offre au Wookie – interprété par l’ancien basketteur Joonas Suotamo – son plus grand rôle !

Autre élément iconique de la saga à faire son retour : le Faucon Millenium ! Trois mois ont été nécessaires pour construire le plus grand Faucon de la saga. Jamais autant de décors et autant de détails n’avaient été construits, et jamais cet emblématique vaisseau n’avait joué un rôle aussi important. L’équipe du film a également créé de nombreux décors, dont Corellia, la planète natale de Han, construite pour ressembler à une version industrielle Star Wars de Venise.

Les artistes en charge des décors ont eu accès à de nombreux éléments de la trilogie originale, ce qui leur a été particulièrement utile pour apporter au film son atmosphère « années 70 » très proche des films originaux ou de Rogue One mais aussi des westerns de l’époque.

Le film réussit le tour de force d’offrir une ambiance et une esthétique 100% Star Wars tout en s’éloignant du modèle classique « côté obscur contre rébellion » et en proposant un tout nouveau genre de film ! Le fait qu’il s’agisse d’un spin-off offre une liberté bienvenue, permettant de « casser » un peu les codes de la saga (même si Les Derniers Jedi avait déjà entrouvert la porte). Cela aurait pu être hasardeux et risqué mais il n’en est rien, bravo !

Ici, pas de Jedi ou de batailles intergalactiques, mais un film de casse croisé avec un western spatial, un mélange qui fonctionne très bien et offre une autre vision de l’univers Star Wars. A l’instar de l’épisode 8 avec la ville casino de Canto Bight, Solo : a Star Wars Story s’intéresse à tous les habitants de la Galaxie qui ne cherchent ni le pouvoir ni la rébellion mais veulent juste pouvoir vivre. Même si cela ne saute pas aux yeux au premier visionnage, le film apporte également un point de vue nouveau et (très) intéressant sur cette période trouble et oppressante située entre les épisodes III et IV, qui a vu la République devenir l’Empire, et l’espoir renaître progressivement.

En dépit d’un scénario un peu léger et pas toujours très original, Ron Howard nous porte (et nous emporte) et nous offre un très bon moment, efficace et divertissant. La mise en scène et la réalisation font le job et sont efficaces, la scène de l’attaque du train aperçue dans la bande-annonce ou le Raid de Kessel devraient ainsi rester comme des moments forts de la saga. On ne s’ennuie pas une seconde et on se plait à rêver d’une suite !

Le film emprunte beaucoup à l’univers étendu et devrait ravir les fans et les connaisseurs de ce dernier, ce qui n’est pas forcément une grande surprise quand on sait que George Lucas lui-même avait déjà évoqué ce potentiel spin-off. Des liens avec les autres productions Star Wars (notamment Star Wars Rebels ou Clone Wars) sont également présents. Pas d’inquiétudes, aucune connaissance préalable n’est nécessaire pour apprécier le film mais certaines scènes prendront un autre sens avec quelques références.

Composée par John Powell, la bande originale est épique et sert les images à la perfection, permettant de porter et immerger le spectateur. Le compositeur rend hommage à l’œuvre de John Williams – que ce se soit avec quelques accords ou bien en s’appropriant quelques thèmes phares de la saga – tout en offrant un réel renouveau bienvenu ! En revanche, aucun (nouveau) thème ne se détache réellement. Sommes-nous condamnés à réentendre éternellement les thèmes de Williams ?

En bref…

Qu’on se le dise, j’ai « grave kiffé » Solo : a Star Wars Story ! C’est frais, cool et stylé !

Ron Howard nous offre un film dont le rôle premier est d’introduire Han Solo, un film mineur dans la saga Star Wars mais qui parvient parfaitement à retranscrire le personnage, montrant son évolution de caractère pour arriver à celui que le spectateur connait si bien dans l’épisode IV… défi réussi. Empire et Rébellion ne sont pas oubliés pour autant et la période sombre où prend place l’intrigue sert de toile de fond à l’intrigue. Le passé riche en péripéties du plus roublard des contrebandiers et du Wookie que tout le monde adore n’aura bientôt plus de secret pour vous !

Alors oui, le film n’est pas exempt de défauts ou de critiques, mais on est (très) loin de la catastrophe crainte depuis plusieurs mois et annoncée par de nombreux médias depuis quelques jours ! Le film est un très bon divertissement simple et efficace, maîtrisé et réussi… et n’est-ce pas là aussi ce qu’on attend d’une séance de cinéma ?

Solo : a Star Wars Story propulse les spectateurs à vitesse lumière dans une série de péripéties les entraînant dans les bas-fonds d’un dangereux monde criminel, là où se forgent de nouvelles amitiés indéfectibles et où se révèlent les secrets du passé caché d’un des héros les plus marquants de la saga Star Wars. Han Solo y fera la connaissance de son fidèle copilote Chewbacca et de l’escroc notoire Lando Calrissian. Ensemble et contre toute attente, ils se lanceront dans une mission désespérée qui façonnera à jamais la personnalité du charismatique contrebandier qui a conquis depuis le cœur du public…

Dés maintenant dans les salles, à découvrir en 3D & IMAX 3D !

== Les avis de l’équipe ==

Un peu comme Rogue One avant lui, Solo, a Star Wars Story permet d’emmener la saga Star Wars vers de nouveaux horizons et de redécouvrir cet univers trop souvent limité aux Jedi. Le cadre est à la fois familier et totalement nouveau. L’ambiance est sombre, les stormtroopers étendent les frontières de l’Empire à travers la galaxie et au milieu de tout cela, nous retrouvons quelques visages familiers : Han, Chewbacca ou Lando pour notre plus grand plaisir.

La promesse de découvrir les origines de notre contrebandier préféré est tenue et les éléments d’histoire apportés s’intègrent parfaitement dans l’ensemble de la saga cinématographique (je ne verrai plus jamais le Faucon Millenium de la même manière !). Le tout continue de remplir l’immense vide entre La Revanche des Sith et Un Nouvel Espoir, créant même un véritable pont scénaristique entre les trois trilogies. En plus de nous montrer ce que nous avons toujours voulu savoir sur Han Solo, le film va plus loin en ouvrant de nombreuses portes pour la suite.

En tant que fan j’ai vraiment aimé le voyage, je ne reprocherais peut être que quelques petites longueurs (mais c’est déjà souvent le constat que je fais sur les films réalisés par Ron Howard), j’espère vraiment que Disney et Lucasfilm vont rebondir sur tout ce qui est créé ici pour nous faire découvrir toujours plus de nouvelles facettes de cette Galaxie lointaine, très lointaine…

VDR

Sorti le 16 mai dans les salles, Deadpool 2 marque le retour de Ryan Reynolds dans le costume du plus irrévérencieux des héros Marvel : Deadpool. Production Marvel chez 20th Century Fox, Deadpool – tout comme les X-Men – évolue en dehors du célèbre Universel Cinématographique Marvel (aka. Marvel Cinematic Universe, ou MCU pour les intimes) dont le dernier film, Avengers : Infinity War cartonne actuellement au Box Office.

Ceci ne nous a pour autant pas empêché de voir le film et nous partageons nos avis avec vous…

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